BENI

Situation géographique

Province : 11

Superficie : 7 484 km²

Démographie

Population : 1 273 583

Source Population : Rapport annuel 2015 de l’Administration du territoire

Ordonnance de création

Sous le régime de l’occupation par l’EIC (Etat Indépendant du Congo), le territoire de Beni comportait les postes de Lesse, de Karimi, de Muthaka, et de Beni (Vieux Beni). Ces postes avaient pour mission de soumettre les populations à l’autorité coloniale et d’établir une administration d’occupation. Ces postes étaient tenus par des Officiers militaires.

– En 1894, le sous-lieutenant Henri avait placé le poste colonial à Karimi.

– En 1913, le poste avait été délocalisé de Karimi à Beni situé le long de la route BENI-KASINDI en plein PNVi.

– La maladie du sommeil avait fait que la population se déplace de la vallée de la Semuliki. Le PNVI, créé en 1925, avait été installé.

– Le siège de l’administration coloniale avait été délocalisé de vieux BENI à BENI (actuel).

Sous le régime de l’occupation, ces postes dépendaient du secteur des Lacs Albert et Edouard.

– La structure de l’administration coloniale : Référence : Ordonnance n° 15/AIMO du 25/01/1928.

– L’Organisation Territoriale de la colonie, la constitution des Chefs-lieux et les limites des provinces : Référence : le Décret du 05/04/1935.

– Le nombre, les délimitations, les Chefs-lieux, les limites des Territoires du District du Kivu : Référence : l’Ordonnance n° 44/AIMO du 05/03/1935.

– Le changement de l’appellation de Territoire à zone rurale de BENI : l’Ordonnance n° 68/018 du 19/06/1968.

– Le changement de l’appellation zone rurale de BENI à Territoire de BENI : décret-loi 081 du 02 juillet 1998 portant organisation Territoriale et administrative de la RDC.

– En 2000, l’élévation de la Cité de BENI en Ville avait occasionné la délocalisation du Chef-lieu du Territoire de BENI à OICHA.L’ appellation « ‘territoire » a été maintenue par le constituant de 2006 (constitution du 18 Février 2006 telle que revue et modifiée en ces jours).

Le Territoire de BENI est situé à l’Est de la République Démocratique du Congo, dans la Province du Nord-Kivu. Il fait frontière avec la République de l’Ouganda par les District de BUNDIBUGYO et de KASESE.

Langues parlées

– Swahili (80%)

– Kinande (78%)

– Kimbuba (20%)

– Kibila (8%)

– Kipakombe (2%) 

La langue nationale de liaison est le Swahili. Le français, langue officielle et d’enseignement est parlée par une minorité instruite. Les langues locales sont : Le Kinande : parlé par les yira ou nande ; Le Kimbuba : parlé dans la tribu mbuba ; Le Kibila : parlé par les babila ; Le Kipakombe : langue proche du Kilese et parlé par les Bapakombe ; Le Kilese: parlé par les Balese ; Le Kibwisa ou Kitalinga : parlé par les watalinga ; Le Kihumu : parlé par les Bahumu. Les Mbuti (pygmées) n’ont pas de langue spécifique. Ils s’expriment dans la variante de la langue des tribus qui leur sont voisines (Kilese, Kibila).

Coordonnées géographiques

Ces coordonnées géographiques se présentent comme suit : entre 0° 26′ 58.8 » de latitude Nord et 29° 27′ 0 » de longitude Est

Le territoire de Béni abrite le mont Ruwenzori ayant le sommet le plus haut de la République Démocratique du Congo avec le pic Margherithe.

Climat et saison

Le climat est largement dépendant du relief. Le climat est tempéré de type montagneux sur les hautes montagnes de Ruwenzori à l’Est et de Kyavirimu au Sud-Est, mais aussi le climat chaud de type équatorial dans les plaines, au Nord et à l’Ouest.

Il pleut presque toute l’année. La période sèche n’a pas été marquée

Hydrographie

On compte les lacs, les rivières, les cours d’eau.

Les lacs :

– Le lac Edouard : Altitude 916m, superficie 2 236Km², la pêche artisanale y est pratiquée.

– Les lacs du sommet des massifs de Ruwenzori : De valeur touristique.

Les rivières :   – Semuliki coule du Sud – Est au Nord – Est ; déversoir ISHANGO

– EBIENA, coule vers la Province Orientale.

Les uns déversent leurs eaux dans la rivière Semuliki, affluent du fleuve Nil, les autres coulent vers les affluents du fleuve Congo.

Les cours d’eaux suivants se jettent dans le fleuve Congo par le canal de la rivière Ituri : Byakove, Kamikingi, Kanyangoko, Kimemya, Kithahuha, Kyabuyiri, Loulo, Lukwamihya, Lusiluvi, Loya, Muhila, Tamu, Virendi, Nzuma, Asefu, Bunzumu, Engubo, Ebiena, Kamahumu, Kipabashi, Kiusikivi, Mamiki, Malondo, Mundubiena, Mununze, Limbekwa, Loulo, Tabie, Tuha, Thamu, Tokou, Shamboko.

Les cours d’eau suivants déversent leurs eaux dans la rivière Semliki: Karururma, Kasaka, Kavaetsa, Kyasenda, Kyaviranda, Kanyamahigha, Lula, Lwandumbi, Museya, Musilipa, Mwaghalika, Nzalire, Thako, Thalihya, Vurondo, Lamia, Mulunguma, Sindi, Lutakila, Malogha, Lubano, Mutakili-Kombo, Luanoli, Lozo et Bangota, Bango, Limbau-vido, Mamundioma, Mutindo et Ngite ; Lwami, Lusiluvi, Lubiriha, Kombo, Nzelube, Nzelele, Byangolo, Byakobhe, Butau, Lutakila, Mbombi, Mukando, Taliha, Lume, Rugetsi, Hululu, Kalunguta, Mulingolingo, Tungila. Muko et Thumbwe se déversent directement dans le Lac Edouard.

Végétation

On note principalement les types de végétation suivante :

– La forêt dense ombrophile : L’expansion de l’agriculture et de l’exploitation du bois en constituent des menaces.

– La forêt claire combinée à la savane boisée et herbeuse ; Dans la vallée de la Semuliki.

– Les fougères sur les plateaux de Masiki.

– La végétation étagée de type montagneux au Mont Kyavirimu et aux massifs de Ruwenzori.

Sol

Le sol est argileux sur les plateaux, argilo-sablonneux dans les plaines, volcanique sur les flancs et aux pieds des hautes montagnes.

Situation économique

Principales activités :

– Agriculture (50%)

– Elevage (45%)

– Commerce (40%)

– Exploitation forestière, (23%)

– Exploitation minière et l’artisanat (10%)

L’Agriculture est axée : sur les cultures vivrières : riz, bananes, haricot, maïs, soja, manioc, patate – douce, pomme de terre, choux, oignons, poireaux et sur les cultures pérennes : cacao, caféiers, papayer, reboisement, le palmier à huile.

L’élevage : Elle repose sur les bovidés, ovidés, caprins, la volaille, suidés, les lapins et les cobayes.

Le Commerce : La production agricole est évacuée vers les centres commerciaux et vers l’extérieur (Béni, Goma, Butembo, Bunia, Kisangani, Ouganda). Les produits manufacturés sont achetés soit à l’extérieur (l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya, l’Asie, l’Europe) soit dans les villes de Butembo, Béni, Goma et autres pour être revendus dans les marchés locaux à l’intérieur du Territoire.

L’exploitation forestière : elle porte sur les bois d’œuvre dans les forêts naturelles en voie d’épuisement. La production sert aux besoins locaux de construction ou au commerce local (Beni, Butembo, Goma). Elle est également orientée vers l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie et le Rwanda…

La production artisanale des mines : cette production est encore à petite échelle. Les activités artistiques et artisanales ne sont pas encore de grande valeur économique.

Voie Route : 1

Voie Navigable : 0

Voie Train : 0

Voie Avion : 1

Revenu Moyen : 1

Taux Change Vendeur : 950

Taux Change Acheteur : 920

Principaux Produits Agricoles :

– Banane plantain (41.9%)

– Riz (18.6%)

– Manioc (14.7%)

– Huile de palme (12.3%)

– Haricot (12.2%)

La banane plantain produit dans tous les secteurs du territoire de Béni et destinée à la consommation. La production annuelle du territoire est de 746 200 tonnes, dont 131 000 tonneaux premier semestre et 86 872 tonnes deuxième semestre pour l’année 2014.

Le Riz est également produit en très grande quantité dont la production annuelle en 2014 est de 332 330 tonnes.

Le Manioc est produit en quantité suffisante soit 262 600 tonnes produit en 2014, il est consommé soit en chichwangue soit en cossettes pour la fabrication de la farine.

L’huile de palme est aussi produite en quantité suffisante (219 200 tonnes) en 2014. Il est utilisé pour la consommation locale et pour la fabrication de savons.

Le Haricot est aussi produit en quantité suffisante soit 131 000 tonnes pour le premier semestre et 86 872 tonnes pour le deuxième semestre, au total 217 872 tonnes produit en 2014. Il est destiné à la consommation.

Principaux opérateurs économiques :

Nombre d’opérateurs économiques : 805

– Entreprise MUKULIA opérant dans l’élevage de gros bétails et appartenant à GALIZEE

– Etablissement KATASOHIRE opérant dans la construction des microcentrales et appartenant à KATASOHIRE

– Entreprise KISALA opérant dans la vente en détail des produits manufacturés et appartenant à la famille BULERE

– Entreprise APAV opérant dans la vente des produits alimentaires

– Etablissements SHAMA opérant dans la vente des produits pharmaceutiques et appartenant au groupe SHAMA.

Il existe 805 opérateurs économiques dans le territoire de Beni hormis ceux de Beni-ville. Nombreux de ces opérateurs économiques sont sous le régime de la patente. Ils ne sont pas encore tous inscrits au NRC, ni à l’Identification Nationale. Les rares entreprises inscrites au NRC ont leur siège en Beni-ville, ou à Butembo. Le plus grand nombre de ces entreprises se trouvent dans les secteurs de Beni-Mbau et Oicha-Kyondo. Ces entreprises ont comme principales activités le commerce des produits manufacturés (habits, pagnes, matériaux en plastiques, appareils électroménagers, etc) en provenance de l’Ouganda et des territoires pays limitrophes.

Principales Activités Opérateurs :

– Commerce générale et le commerce des produits agricoles (40%),

– Savonnerie artisanale (37%),

– Achat et vente des produits de la Quincaillerie (15%),

– Commerce d’huile de palme (12%),

– Achat et vente des produits de beauté (4%)

Le commerce est largement pratiqué : Il y a l’importation, l’exportation, le commerce ambulatoire, l’achat et la vente des produits agricoles, des produits et sous- produits forestiers. Un grand nombre d’opérateurs sombrent encore dans l’Economie informel. Rares sont ceux qui sollicitent le registre de commerce et l’identification nationale.

Santé

Nombre Hôpitaux : 8

Nombre Centre Sante : 133

Commentaire Hôpitaux : 316

Maladies Récurrentes :

– Paludisme (60%)

– Infections respiratoires (15%)

– Maladies diarrhéiques (12%)

– Anémie (10%)

– VIH SIDA (3%)

La malaria : malgré la distribution de moustiquaires imprégnées, la malaria persiste.

La verminose : plusieurs campagnes de vaccination ont aligné le déparasitage au mébendazole.

Les autres maladies fréquentes sont : la diarrhée, les infections respiratoires et l’anémie pour les enfants, le sida.

Le diabète prend de plus en plus de l’ampleur.

Le VIH/SIDA : le PNMLS en mise en œuvre dans les zones de santé détermine les axes de lutte contre le SIDA : la sensibilisation en vue du changement de comportement sexuel, le dépistage volontaire, le dépistage des femmes enceintes, la distribution des préservatifs, la distribution des anti rétroviraux (ARV) aux personnes vivant avec les VIH (P.V.V.).

Le territoire de Beni a 7 zones de santé : OICHA, MUTWANGA, KAMANGO, KYONDO, VUHOVI, MABALAKO et KALUNGUTA. Chacune dispose d’un Hôpital général de référence, des centres de santé et des postes de santé. Le taux de couverture médical est suffisant. Néanmoins, les structures de santé manque d’infrastructures adéquates (Bâtiments, matériel et équipements, médicaments.) Les nouvelles zones de santé dont Kalunguta, Mabalako, Vuhovi ne disposent pas encore des infrastructures à la hauteur de leurs missions. Les Cliniques, les Centres Hospitaliers, les Centres Médico-Chirurgicaux ont commencé à s’implanter à Kasindi-Lubiriha, Butuhe, Mantumbi, Bulongo, Oicha. Les Dispensaires, les Postes de Santé privés sont très nombreux. Sous équipés, sans stock des médicaments, sans personnel qualifié et encadré. Dans l’ensemble, ils ne rendent pas de services de qualité.

Pour contrôler les prestations de structures privées, nous suggérons de:

– Règlementer leurs conditions d’ouverture (infrastructures, équipements, personnel, médicaments) et

– Mobiliser les investissements privés dans le secteur de la santé en faveur des cliniques, polycliniques, des laboratoires, des centres médico-chirurgicaux:

– ZS de Oicha, nombre de HGR=1, de CS=25, nombre de médecins=17, nombre d’Infirmier=246, capacité d’accueil estimées et réelles= 200 malades, disponibilité des médicaments : oui

– ZS de Kyondo, nombre de HGR=1, de CS=22, nombre de médecins=14, nombre d’Infirmier=180, capacité d’accueil estimées et réelles = 300 lits, disponibilité des médicaments : oui

– ZS de Kamango, nombre de HGR=1, de CS=25, nombre de médecins=6, nombre d’Infirmier=52, capacité d’accueil estimées et réelles= 120 lits, disponibilité des médicaments : oui

– ZS de Mabalako, nombre de HGR=1, de CS=12, nombre de médecins=14, nombre d’Infirmier=125, capacité d’accueil estimées et réelles= 80 malades, disponibilité des médicaments : non

– ZS de Kalunguta, nombre de HGR=1, de CS=18, nombre de médecins=14, nombre d’Infirmier=121, capacité d’accueil estimées et réelles= 150 lits, disponibilité des médicaments : oui

– ZS de Mutwanga, nombre de HGR=1, de CS=19, nombre de médecins=15, nombre d’Infirmier=133, capacité d’accueil estimées et réelles= 106 lits, disponibilité des médicaments : oui

– ZS de Vuhovi, nombre de HGR=1, de CS=12, nombre de médecins=16, nombre d’Infirmier=220, capacité d’accueil estimées et réelles=70 lits, disponibilité des médicaments : oui

Education

Nombre Ecoles : 579

Nombre Universités : 

Commentaire Universités :

Le territoire de Béni dispose de 2 Instituts supérieurs reconnus officiellement notamment l’Institut Supérieur des Techniques Médicales CECA-20 et L’Institut Supérieur Pédagogique d’OICHA, mais il fonctionne aussi des extensions d’autres institutions ayant leurs sièges à BUTEMBO, à BENI-ville ou ailleurs. Ces extensions organisent les auditoires dans les agglomérations sans aucune formalité.

L’administration de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel est assurée par trois Sous Divisions de l’EPSP : OICHA, BULONGO et KYONDO.

Les écoles y sont réparties comme suit :

– Sous Division d’OICHA :

– Écoles Maternelles 3 à Oicha ; 

– Ecoles Primaires 204 ;

– Ecoles Secondaires 102 ;

– Centres de Rattrapage Scolaire 8.

Les mouvements de la population ont occasionné la perturbation du calendrier scolaire, l’accroissement du taux de déperdition scolaire et d’abandon, la baisse du taux de scolarisation. La viabilité des écoles est très menacée dans les milieux ruraux vidés de leur population.  

Nombre d’enseignent au primaire est de 2215 dont 775 femmes.

Pour la sous- division de BULONGO :

– Ecoles Primaires 185 dont 3 centres de rattrapage scolaire

– Ecoles Secondaires 95

Nombre d’enseignent au primaire est de 1483 dont 499 femmes.

Sous Division de KYONDO :

– Ecoles Primaires 190

– Ecoles Secondaires 119

Nombre d’enseignant au primaire est de 1 753 dont 876 femmes.

Le territoire de Béni compte 895 écoles dont 579 écoles primaires  et 316 écoles secondaires.

Données culturelles

Dans le territoire de Beni nous trouvons 7 grandes tribus : les Wanande (36%), les Bambuba (20%) , les Batalinga (15%), les Babila (11%), Bapakombe (8%), Balese (6%) et les pygmées (Basumba, Mbuti) (4%). Les Wanande sont majoritaires et sont agriculteurs, éleveurs et commerçants. Les Bambuba habitant principalement la région forestière et pratique l’agriculture, les Babila habitent dans la région forestière du Nord-Est et pratiquent l’exploitation forestire et l’artisanat, les Batalinga, les Bapakombe et les Balese sont des agriculteurs tandis que les pygmées ou les Mbuti pratiquent la chasse et la cueillette.

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